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Comment se débarrasser du lierre envahissant (mur, sol, arbre)

25 Août 2026 10 min de lecture

Se débarrasser du lierre envahissant demande une méthode mécanique : couper les tiges à la base, laisser sécher les crampons puis les décoller du support avant d'extraire les racines en profondeur. Le lierre (Hedera helix) s'accroche grâce à des racines aériennes collantes et repart facilement du moindre fragment de racine laissé en terre, ce qui explique pourquoi tant de tentatives échouent. Sur une façade, il faut aussi composer avec la loi : intervenir sur un lierre habité par des nids entre mars et août peut constituer un délit, même chez un particulier.

Points clés à retenir

  • Sur un mur ou une façade, coupez toujours les tiges à la base avant de décoller les crampons secs à la spatule, jamais au nettoyeur haute pression.
  • Au sol et en pleine terre, arrachez les racines à la fourche-bêche par petites sections, sans forcer sur les grosses souches.
  • Sur un arbre, tranchez la tige grimpante à environ un mètre du sol : la partie haute sèche et se détache seule en quelques semaines.
  • Entre le 15 mars et le 15 août, vérifiez l'absence de nid avant toute intervention : détruire un nid d'oiseau protégé est un délit, quelle que soit la saison une fois le nid identifié.
  • Pour empêcher la repousse, posez une bâche d'occultation sur la zone désherbée pendant plusieurs mois et surveillez les rejets pendant un an.
  • Évitez les désherbants chimiques sur les façades : depuis la loi Labbé de 2019, les particuliers n'ont plus le droit d'utiliser de produits phytosanitaires de synthèse au jardin.

Comment se débarrasser du lierre sur un mur ou une façade sans l'abîmer ?

Sur un mur, la méthode la plus sûre consiste à couper toutes les tiges à la base à environ 20 cm du sol, puis à attendre deux à trois semaines que les feuilles jaunissent et que les crampons se dessèchent avant de décoller le lierre par sections. Cette pause est la clé : un lierre arraché vert résiste et arrache souvent l'enduit avec lui.

Une fois les tiges sectionnées avec un sécateur robuste type Felco ou une cisaille Fiskars (comptez entre 25 et 60 euros en jardinerie Botanic, Jardiland ou en rayon jardin d'un Leroy Merlin selon le modèle), le feuillage sèche sur place. Décollez ensuite le réseau de crampons du haut vers le bas, avec une spatule plastique ou en bois plutôt qu'un outil métallique qui raye ou fissure un crépi ancien. Sur une pierre apparente saine, une brosse métallique douce peut compléter le nettoyage, mais elle est à proscrire sur un enduit fragile ou déjà fissuré.

Attention : le nettoyeur haute pression est une fausse bonne idée. Le jet peut s'infiltrer dans les microfissures créées par les crampons et aggraver les problèmes d'humidité dans le mur, parfois plusieurs mois après l'intervention. Sur une façade ancienne en pierre ou en pisé, ou au-delà de trois mètres de hauteur, faire appel à un professionnel de l'élagage ou du ravalement reste plus prudent qu'un bricolage risqué en hauteur.

Comptez plusieurs week-ends de travail pour une façade de taille moyenne recouverte depuis plus de dix ans : le décollement des vieux crampons est le poste le plus long, bien avant la coupe elle-même.

Comment enlever le lierre au sol et en pleine terre ?

Au sol, il faut arracher les racines à la fourche-bêche plutôt qu'à la bêche classique, en travaillant par petites sections et en tirant progressivement les tiges pour suivre le réseau racinaire sans le casser. Le lierre au sol forme un tapis dense dont les racines traçantes repartent du moindre fragment oublié, d'où l'importance de fouiller la terre sur 15 à 20 cm de profondeur.

Conseil : arrosez copieusement la veille ou intervenez après une pluie. Une terre humide libère les racines bien plus facilement qu'une terre sèche et compacte, ce qui réduit de moitié le temps de travail sur un massif de quelques mètres carrés.

Pour une zone très étendue en pleine terre, l'arrachage manuel n'est pas toujours réaliste en une seule fois. Une alternative consiste à faucher ou tondre le lierre au ras du sol, puis à recouvrir la zone d'une bâche d'occultation opaque pendant plusieurs mois, le temps que les racines s'épuisent faute de lumière. Cette méthode demande de la patience, généralement une saison complète, mais évite l'épuisement physique d'un arrachage intégral et limite le risque de laisser des fragments viables en terre.

Comme les racines de bambou, capables d'endommager des fondations, le système racinaire du lierre s'étend vite sous la surface et peut coloniser un massif voisin en une saison s'il n'est pas contenu. Après arrachage, ne compostez jamais les fragments de racines dans un compost domestique classique, qui n'atteint pas des températures suffisantes pour les détruire : elles repartiraient dans le tas de compost lui-même.

Comment retirer le lierre qui grimpe sur un arbre sans le blesser ?

Sur un arbre, la règle est de ne jamais tirer sur les tiges de haut en bas : cela arrache l'écorce et blesse l'arbre, parfois plus gravement que le lierre lui-même. Il faut sectionner la tige grimpante à la base, à environ un mètre du sol, avec un sécateur ou une petite scie, puis laisser la partie haute sécher et se détacher naturellement en quelques semaines à quelques mois.

Le lierre n'est pas un parasite au sens strict : il ne puise pas sa sève dans l'arbre et se contente de s'accrocher à l'écorce pour grimper vers la lumière. Le vrai risque apparaît quand le lierre devient massif sur un arbre déjà affaibli, âgé ou malade : son poids et sa prise au vent augmentent le risque de chute de branches, et son feuillage dense masque les signes de maladie du tronc. Sur un jeune arbre à l'écorce encore fine, mieux vaut intervenir tôt plutôt que d'attendre que le lierre couvre tout le tronc.

Contrairement à une plante grimpante plantée volontairement comme la bignone, dont les inconvénients sont surtout liés à sa vigueur et ses drageons, le lierre sur arbre est presque toujours un semis spontané apporté par les oiseaux. Il n'y a donc pas de plant à retirer entièrement à la racine près du tronc : couper la base suffit à stopper sa progression.

Faut-il utiliser un désherbant chimique pour se débarrasser du lierre ?

Non, les désherbants chimiques sont à éviter sur le lierre, en particulier près des façades. Depuis la loi Labbé, entrée pleinement en vigueur en 2019, les particuliers n'ont plus le droit d'acheter ni d'utiliser de produits phytosanitaires de synthèse pour le jardin, y compris les désherbants totaux à base de glyphosate.

Même en dehors de l'aspect légal, un désherbant appliqué sur du lierre déjà accroché à un mur ruisselle sur l'enduit et la pierre, laisse des traces et pollue les sols alentour sans détacher les crampons déjà secs. Le vinaigre blanc, souvent présenté comme une astuce naturelle, brûle le feuillage tendre mais n'a quasiment aucun effet sur les tiges ligneuses âgées ni sur les racines profondes : son efficacité reste limitée aux jeunes pousses isolées, pas à un lierre installé depuis des années.

La seule exception tolérée par les jardiniers professionnels concerne les très grosses souches récalcitrantes en pleine terre, loin de toute façade : après la coupe, un produit dévitalisant de souche homologué peut être appliqué au pinceau, en très petite quantité, directement sur la coupe fraîche. Cette méthode reste marginale et ne remplace pas l'arrachage mécanique pour la majorité des cas.

Quelles précautions prendre avant d'arracher du lierre ?

Avant toute intervention, la précaution la plus importante et la moins connue concerne les nids d'oiseaux. Le lierre dense est un habitat privilégié pour les merles, rouges-gorges et troglodytes, qui y nichent entre mars et août. Or l'article L411-1 du code de l'environnement protège les nids d'espèces protégées toute l'année dès lors qu'ils existent, et leur destruction est un délit passible de poursuites, même pour un particulier qui taille son propre lierre.

Concrètement, la LPO recommande de reporter toute intervention lourde sur un lierre touffu entre le 15 mars et le 15 août, et d'inspecter visuellement le feuillage avant de couper si le lierre est dense. Ce principe de prudence pour la faune du jardin rejoint d'autres situations fréquentes en jardin, comme la présence d'un trou de hérisson à repérer avant de retourner un massif : mieux vaut identifier les hôtes du jardin avant d'intervenir plutôt qu'après.

Deuxième précaution, plus technique : sur un mur ancien, vérifiez l'état du crépi avant de vous lancer. Un enduit déjà fissuré ou qui sonne creux au toucher risque de se détacher par plaques en même temps que le lierre. Dans ce cas, il vaut mieux faire diagnostiquer la façade par un professionnel avant tout arrachage, pour éviter de découvrir des dégâts plus coûteux que le lierre lui-même.

Comment empêcher le lierre de repousser après l'arrachage ?

Pour empêcher durablement la repousse, il faut combiner l'élimination complète des fragments de racines et une barrière physique contre la lumière pendant plusieurs mois. Le lierre est une plante coriace qui peut repartir d'un simple morceau de racine de quelques centimètres oublié en terre.

Après l'arrachage, recouvrez la zone d'une bâche d'occultation noire ou d'un paillage épais type toile tissée, disponible en jardinerie ou en grande surface de bricolage, et laissez-la en place au moins une saison complète. Surveillez ensuite les repousses ponctuelles pendant environ un an : les jeunes pousses isolées s'arrachent facilement à la main tant qu'elles n'ont pas eu le temps de développer un nouveau réseau racinaire.

Conseil : si le lierre couvrait une grande surface au sol, remplacez-le rapidement par un couvre-sol moins invasif (géranium vivace, pervenche en zone contrôlée, ou paillage minéral) plutôt que de laisser la terre nue. Un sol nu est justement l'environnement que le lierre recolonise le plus vite depuis les massifs voisins ou les semis apportés par les oiseaux.

FAQ

Le vinaigre blanc est-il efficace contre le lierre ?

Seulement sur les jeunes pousses tendres et isolées. Sur des tiges ligneuses âgées ou des racines profondes, le vinaigre blanc n'a quasiment aucun effet et ne remplace pas l'arrachage mécanique.

Combien de temps faut-il pour se débarrasser du lierre définitivement ?

Comptez plusieurs semaines pour la coupe et le décollement initial, puis plusieurs mois de bâchage ou de surveillance des repousses. Sur une installation ancienne, l'élimination complète s'étale souvent sur une saison entière.

Le lierre est-il vraiment dangereux pour les murs ?

Le lierre lui-même endommage rarement une maçonnerie saine, mais il aggrave les fissures existantes et retient l'humidité contre le mur. Le vrai risque survient souvent au moment de l'arrachage sur un enduit déjà fragile.

Peut-on composter le lierre arraché ?

Évitez de composter les racines et fragments de tiges dans un compost domestique classique, qui n'atteint pas une température suffisante pour les détruire. Privilégiez la déchetterie ou le brûlage si la réglementation locale l'autorise.

Quelle est la meilleure période pour arracher le lierre ?

L'automne et l'hiver, hors période de nidification, sont les moments les plus favorables : la sève est moins active et aucun nid n'est à protéger entre septembre et février.

Le lierre peut-il repousser à partir d'un simple morceau de tige ?

Oui, un fragment de racine ou de tige couché au contact de la terre humide peut redonner un nouveau plant. C'est la principale raison pour laquelle un arrachage incomplet échoue.

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Julien Favre
Julien Favre
Rédacteur spécialisé habitat · 11 ans d'expérience
Publié le 25 Août 2026 224 articles rédigés
Julien Favre s'intéresse à la maison depuis toujours. Après des années à rénover, bricoler et entretenir son propre logement, il partage sur Tout sur la maison ce qu'il a appris à la dure : les bons gestes, les erreurs à éviter et les produits qui tiennent vraiment leurs promesses.